La crise qui a récemment secoué la filière cacao en Côte d’Ivoire semble toucher à sa fin. Après plusieurs semaines de tensions marquées par l’accumulation de stocks de fèves dans les villages et chez les acheteurs, un climat d’apaisement s’installe progressivement.
Ce retour au calme fait suite à des rencontres tenues la semaine dernière entre le Conseil du café-cacao, les syndicats et l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA). Ces échanges ont permis de renouer le dialogue et d’envisager un abandon de la plainte visant les syndicats, contribuant ainsi à restaurer la confiance entre les acteurs. Dans la foulée de cette « paix des braves », les achats de cacao ont repris dans les zones de production. Les exportateurs sont de retour sur le terrain et les multinationales, jusque-là prudentes, ont recommencé à acquérir des contrats de déblocage à l’exportation. Alors que la commercialisation de la récolte intermédiaire, prévue d’avril à septembre, connaissait des difficultés depuis plusieurs mois, des volumes de fèves ont été achetés en quelques jours par des transformateurs disposant d’unités industrielles dans le pays. Ces avancées sont le résultat de consultations discrètes entre le régulateur et les industriels.
L’OIA joue par ailleurs un rôle central dans le programme de rachat du stock résiduel encore détenu par les producteurs et les coopératives, ce qui devrait accélérer les opérations de déchargement avant le début de la campagne intermédiaire fixé au 1er avril. Cette reprise intervient toutefois dans un contexte mondial difficile, marqué par un effondrement de plus de 50 % des cours du cacao depuis janvier 2026, conséquence du ralentissement de la consommation mondiale de chocolat.
Malgré ce contexte morose, les autorités réaffirment leur engagement à défendre les intérêts des producteurs, conformément aux orientations du président Alassane Ouattara, qui place la valorisation du monde agricole au cœur de sa politique économique et sociale.


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