Plus de cinquante ans après sa création, l'Organisation internationale du cacao (ICCO) ouvre un nouveau chapitre. Entré en vigueur début octobre, l'Accord international sur le cacao de 2026 érige le revenu décent des planteurs, les prix rémunérateurs et la transformation dans les pays d'origine en objectifs explicites.
Le texte reconnaît qu'un bon prix mondial ne suffit pas à garantir une vie digne aux cacaoculteurs, et définit le revenu décent à l'échelle du ménage. Il engage les États membres à élaborer des politiques dans ce sens, mais ne prévoit aucun mécanisme pour les contraindre à les appliquer.
De l'intervention à la coopération
Les premiers accords, en 1972 et 1975, étaient bien plus interventionnistes : quotas d'exportation et stock régulateur de 250 000 tonnes pour maintenir les cours dans une fourchette. L'outil a pourtant montré ses limites : cours sortis de la fourchette dès la fin des années 70, capitaux immobilisés, tentation pour chaque pays de vendre quand les autres retiennent leurs volumes, stocks mal connus. En 1993, quotas et stock ont été abandonnés au profit de la coopération et de l'information de marché. L'accord de 2026 prolonge cette logique en élargissant les objectifs sociaux, sans retour à l'intervention directe.
Un marché aux mains de quelques géants
Le contexte a aussi changé. Moins de dix négociants internationaux restaient actifs à la fin des années 90, contre près de 200 au début des années 70. Ces groupes, présents à plusieurs maillons de la chaîne, disposent d'un pouvoir de négociation considérable. La transformation locale reste donc une réponse nécessaire, mais pas suffisante. Une usine installée en Côte d'Ivoire ne signifie pas que les bénéfices y restent : tout dépend de qui détient les actifs, où se prennent les décisions et quelle place occupent les coopératives et les entreprises locales.
Les vieux défis demeurent
Renouvellement des vergers sans déforestation, financement des producteurs, lutte contre les maladies, traçabilité, partage de la valeur : l'ICCO peut organiser le dialogue et produire des références communes, mais elle ne remplacera ni les politiques publiques des pays producteurs, ni un rééquilibrage des rapports entre planteurs, négociants, broyeurs et marques de chocolat.
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