Innovation

Cacao : la carte du producteur devient obligatoire en Côte d’Ivoire

Depuis le 1er septembre 2026, toute transaction bord champ doit désormais s’appuyer sur la carte du producteur, nouvelle pièce maîtresse du système national de traçabilité

La filière café-cacao ivoirienne franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Depuis le 1er septembre 2026, la carte du producteur est devenue obligatoire dans les transactions bord champ, avec l’entrée en vigueur du nouveau Système national de traçabilité (SNT) du Conseil du Café-Cacao.

Cette nouvelle disposition concerne directement les producteurs, les coopératives, les acheteurs et l’ensemble des acteurs intervenant dans la commercialisation du cacao. Elle vise à mieux identifier l’origine des fèves, à sécuriser les opérations d’achat et à assurer un suivi du produit depuis le lieu de production jusqu’à l’exportation.

Une carte qui devient indispensable à la vente

Présentée comme une véritable carte d’identité professionnelle numérique et sécurisée, la carte du producteur permet d’associer une production à un producteur identifié. Elle doit également contribuer à sécuriser les paiements en permettant de relier l’opération d’achat au compte bancaire ou au portefeuille du producteur.

Pour le producteur, l'enjeu est donc important : la carte doit notamment contribuer à garantir l’application du prix bord champ fixé par l’État et à réduire la circulation d’espèces lors des transactions.

Le dispositif présente également d’autres avantages. Selon le Conseil du Café-Cacao, la carte permet aux producteurs d’accéder aux programmes de productivité, de durabilité et de traçabilité mis en œuvre dans la filière. Elle offre également, depuis 2025, un accès à la couverture maladie universelle (CMU) avec une prise en charge à 100 %.

Un outil au service de la traçabilité

L’entrée en vigueur de la carte intervient dans un contexte international particulièrement exigeant. À partir du 1er janvier 2027, le règlement européen sur la lutte contre la déforestation imposera notamment une traçabilité renforcée pour les produits tels que le cacao et leurs dérivés entrant sur le marché européen.

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao et fortement dépendante du marché européen, doit donc être en mesure de démontrer l’origine de sa production et sa conformité aux nouvelles exigences de durabilité.

La carte du producteur constitue ainsi l’un des maillons essentiels de cette nouvelle architecture. Elle doit permettre de mieux documenter la production dès le bord champ et de construire une chaîne de traçabilité allant du producteur jusqu’à l’exportateur.

Une période d’adaptation pour les acteurs

Si la réforme est désormais effective, son déploiement constitue un important défi opérationnel. Des coopératives, acheteurs et agents de terrain rencontrent encore des difficultés dans la maîtrise des nouveaux outils numériques. Certains acteurs signalent également des problèmes liés à la disponibilité des équipements nécessaires aux opérations dans les zones rurales.

Le Conseil du Café-Cacao poursuit donc les actions de sensibilisation auprès des différents acteurs de la filière. Les producteurs qui ne sont pas encore recensés ou qui n’ont pas retiré leur carte sont invités à se rapprocher des délégations régionales du Conseil du Café-Cacao ou de leurs sociétés coopératives.

Un changement majeur pour les négociants et exportateurs

Pour les négociants et les exportateurs, l'entrée en vigueur de cette obligation implique également une adaptation des procédures d'achat et de suivi des lots.

La traçabilité devient désormais une composante essentielle de la chaîne commerciale. Les entreprises devront pouvoir s'assurer que les opérations réalisées auprès des producteurs et des coopératives sont correctement enregistrées et documentées.

Pour les opérateurs comme SONEMAT, cette évolution impose donc d'intégrer pleinement la traçabilité dans les processus d'approvisionnement, de conditionnement, de stockage et d'exportation.

Au-delà de son caractère obligatoire, la carte du producteur marque ainsi une évolution profonde de la filière ivoirienne. Elle traduit le passage progressif d'un système fondé principalement sur les transactions physiques à une chaîne commerciale davantage numérisée, documentée et traçable.

Depuis le 1er septembre 2026, la carte du producteur n'est donc plus simplement un outil d'identification : elle devient une pièce centrale de la commercialisation du cacao ivoirien.

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